Viabilité financière et implication sur les ressources des nouveaux business models dans le secteur de l'habillement

Mardi 28 Mai 2013

A l'heure où de plus en plus de chaînes de mode lancent leur action de récup', certaines en partenariat avec des opérateurs d'économie sociale, d'autres en partenariat avec des opérateurs privés, il est intéressant de se pencher sur une étude récente publiée par l'organisation anglaise WRAP (Working together for a world without waste) sur de nouveaux business models dans le secteur de l'habillement.

Wrap a ainsi étudié 5 nouveaux business models constituant 5 options que les chaînes de mode pourraient mettre en œuvre en complément de leurs activités économiques habituelles, et qui conduiraient à un allongement de la durée de vie des vêtements. Cette étude analyse la viabilité financière de ces business models ainsi que leur impact en terme d'économie de ressources (consommation d'eau et émissions de CO2).

Il convient de souligner que cette étude est propre au cas anglais et n'est donc pas transposable à la Belgique. En effet, en Grande-Bretagne, 31 % des vêtements usagés se retrouvent finalement en décharge, alors qu'en Belgique, cette proportion tend vers zéro. Retenons encore que les 5 business models analysés ne prétendent pas être les cinq uniques possibilités, ni même les meilleures.

Les 5 business models étudiés consistent en la mise en place, par les chaînes de mode :

  • de services de réparation et de retouches
  • de services de leasing pour les vêtements de bébé
  • de services de location de vêtements de cérémonie
  • de services de reprise de vêtements usagés et revente en seconde main
  • de plates-formes pour faciliter l'échange de vêtements entre clients.

Analysons plus en détails ces modèles, leur viabilité financière et leur impact en terme de préservation des ressources.

Dans le modèle 1, une chaîne de mode offre un service de réparation et de retouches ainsi que des ateliers pour équiper et former les gens à la réparation de leurs vêtements. Ce modèle génère des économies de ressources acceptables à l'horizon de 5 ans et bonnes à l'horizon de 10 ans mais, en raison du coût fort élevé de mise en œuvre, et des faibles revenus qui y sont liés, il ne permet pas d'atteindre la viabilité financière ni à un horizon de 5 ans, ni à un horizon de 10 ans.
Cependant, on assiste, ces dernières années à une croissance du nombre de fournisseurs de service de réparation, principalement basés sur des communautés locales. Une piste pour les chaînes de mode pourrait donc être de développer des partenariats avec ces organisations locales.

Le modèle 2 consiste en la mise en place d'un leasing de vêtements pour bébés. Il s'agit du modèle le plus efficace en terme de préservation des ressources ! Il permet en effet de sortir du flux des déchets la plus grande quantité de vêtements. Cependant, sa viabilité financière n'est pas atteinte à un horizon de 5 ans et très précaire à un horizon de 10 ans.

Le modèle 3 consiste en la mise en place de services de location de vêtements de cérémonie. La viabilité financière de cette activité est avérée, comme en témoigne l'existence relativement répandue de ce type de service. Cependant, vu qu'il se concentre sur un type de vêtements restreint (vêtements de cérémonie et de soirée), ce modèle ne permet pas d'importants progrès en terme de préservation des ressources.

Dans le modèle 4, les chaînes de mode offrent un incitant à leurs clients pour ramener les vêtements usagés en boutique. Ces vêtements usagés sont alors envoyés a une organisation pour le tri, le nettoyage et le re-styling et la remise sur le marché de la seconde main. Ce modèle est l'un des modèles les plus viables au niveau commercial sur le long comme le court terme, notamment en raison du coût assez bas de mise en œuvre. C'est aussi un modèle efficace en terme d'impact sur les ressources. Cet impact est cependant largement en dessous des performances du modèle 2.

Enfin, dans le modèle 5, les chaînes de mode mettent en place des plate-formes en ligne pour l'échange de vêtements. Ce modèle souffre du fait que le secteur ne détient pas le produit qui fait l'objet d'une transaction et ne reçoit donc qu'une partie du flux financier. Alors que ce modèle a un coût relativement bas, les revenus générés de chaque transaction sont très faibles. Dès lors, les profits ne peuvent être intéressants que pour de grandes quantités de vêtements échangés.

L'étude complète peut être téléchargée sur le site de WRAP