Le textile de seconde main au coeur de l'actualité ! Quels sont les impacts sur la filière textile ?

Jeudi 12 Septembre 2013

On en a parlé dans la presse tout l’été : les textiles de seconde main sont au coeur des débats… et pourtant en 2013, pour la première fois, la courbe des collectes menées par les acteurs de la filière textile chez RESSOURCES n’augmentent pas. Si elle se maintient chez Les petits Riens (-0.3%), elle s’inverse chez Terre (-10%) et chez Oxfam-Solidarité (entre -3 et -7%). L’alarme est sonnée par les 3 grands collecteurs de la filière textile qui avec leur réseau de bulles collectent chaque année plus de 23.000 tonnes de textiles usagés en Wallonie et à Bruxelles. Comment expliquer ces chiffres ?

Certes, les causes sont multiples. Avec la crise, les citoyens cherchent des solutions pour conserver leur pouvoir d’achat : ils gardent leurs vêtements ou organisent leur vente sur des brocantes, des sites de vente en ligne… Des initiatives citoyennes s’organisent aussi pour des collectes ponctuelles, des donneries ou encore les marchés et magasins gratuits.

Mais plus encore, c’est la demande de textile usagé à l’exportation qui force le marché de la fripe. Surtout depuis la création de nouveaux centres de tri à Dubaï, Taïwan ou en Tunisie qui travaillent avec des coûts salariaux inférieurs à ceux appliqués en Belgique. En hausse, le marché du textile original (vêtements collectés non triés) attire de plus en plus d’opérateurs issus du secteur privé voire des opérateurs pirates organisant des collectes de textiles usageés en Belgique sans autorisations ni permis requis.

C’est tout particulièrement ces derniers que RESSOURCES et ses membres ont entrepris d’identifier afin, d’une part, d’attirer l’attention des pouvoirs publics et ainsi contraindre ces entreprises opportunistes à cesser leurs collectes et, d’autre part, sensibiliser le grand public à rester vigilant lors de ses dons. Les opérateurs pirates qui collectent en porte à porte ou par conteneurs (bulles) ont en effet frappé un peu partout cet été. RESSOURCES a identifié une quarantaine de collectes illégales en porte à porte depuis le début de l’année et une centaine de bulles non autorisées. Sans compter les collectes dont la fédération n’a pas connaissance et les vols dans les bulles qui sont de plus en plus nombreux. Sachant que la moyenne de collecte d’une bulle est de 6 tonnes par an… le manque à gagner pour la filière textile gérée par l’économie sociale pèse lourd.

L’impact de ces collectes illégales pèse directement sur la filière textile en terme d’emplois. Les opérateurs privés n’ont en effet pas de centres de tri en Belgique au contraire des centres de tri de l’économie sociale qui occupent quelques 600 personnes, forment plus de 400 stagiaires chaque année et maintiennent un réseau d’une centaine de magasins de seconde main, répartis Wallonie et à Bruxelles.

Ensuite, la présence de ces opérateurs privés, parfois sous un couvert pseudo-humanitaire, est une source de confusion dans le public. C'est pourquoi le réseau RESSOURCES a mis en place le label Solid'R  afin de distinguer les organisations qui s'engagent au respect volontaire de règles éthiques et solidaires et à leur contrôle par un organisme indépendant. Ainsi, les citoyens qui souhaitent se défaire de biens au profit d'un projet de solidarité, ont la certitude que ces biens seront revalorisés dans cet objectif.

Les opérateurs de la filière textile chez RESSOURCES collectent également directement au comptoir de leur magasin de seconde main. Ce contact privilégié entre le donateur et le collecteur est très important, il garantit le circuit court et permet aux donateurs de visualiser directement le bénéfice de leur don : environnemental, social et économie. Et de ce côté-là, les chiffres sont bons !

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