L'économie sociale en 10 points

Lundi 30 Juin 2014

1. Une finalité de service aux membres et à la collectivité. L'objectif premier des entreprises d'économie sociale n'est pas de maximiser les bénéfices mais de développer d'autres plus-values comme la création d'emplois, la protection de la nature, le service de proximité font partie intégrante du projet.

2. Une Autonomie de gestion. Les entreprises d'économie sociale ont une gestion qui ne dépend ni d'un actionnaire privé ni de l'État.

3. Un processus de gestion démocratique et participatif. Ce principe, à géométrie variable, prévoit un contrôle démocratique de l'entreprise où chaque travailleur a sa voix.

4. Le capital pour le travail. C'est un principe de base de l'économie sociale, le capital doit d'abord rémunérer la personne et son travail, par opposition à l'économie classique où le capital est rentabilisé pour l'actionnaire.

Ces 4 principes ont été défini par le Décret du Conseil wallon de l'économie sociale en 1990.

5. Statuts variés. Les statuts des entreprises d'économie sociale sont variés, on y retrouve principalement des ETA (entreprise de travail adapté), des EFT (entreprise de formation par le travail) et des EI (entreprises d'insertion). Les asbl, les coopératives, les mutuelles, les Fondations... font également partie des entreprises d'économie sociale.

6. Economie sous perfusion ? Les acteurs de l'économie sociale le démentent et le démontrent. Leurs salariés ne sont ni plus ni moins subsidiés que dans l'économie classique, les aides à l'emploi étant accessibles à toutes les entreprises. Concernant les salaires d'application dans l'économie sociale, ils sont fixés par les commissions paritaires des différents secteurs d'activités concernés et donc décidés dans le cadre du marché de l'emploi. Les subsides propres à l'économie sociale sont eux liés à la finalité des entreprises, partant du principe que l’économie sociale engage majoritairement des personnes non qualifiées, les entreprises témoignent du rôle social de leurs activités (formation, insertion socioprofessionnelle...).

7. Création d'emplois. Le secteur engage quelque 165 000 personnes. Ce chiffre a connu une croissance de l'emploi de 5,6 % entre 2009 et 2012, parallèlement au secteur public et privé qui s'est maintenu à 0 %.

8. Résilience à la crise. Ne dépendant pas de cours boursiers ou de fonds d'investissement, les entreprises sont moins fragiles à la conjoncture financière et ont donc mieux résisté à la crise financière. Attention cependant au fait que l'économie sociale travaille régulièrement en sous-traitance et elle a donc aussi par ricochet souffert de la récession.

9. Economie d'avenir. Face à la crise, l'économie sociale a fait ses preuves en apportant sa plus-value sociale importante à la société en crise. Quel est le coût d'un chômeur pour la collectivité ? Que devient-il lorsqu'il devient salarié ? Quel est le bénéfice pour la collectivité ?

10. Partout dans le monde et dans tous les secteurs d'activité. Santé, éducation, protection de la nature, énergie, mobilité, gestion des déchets... Tous les secteurs d'activités sont représentés. Cette diversité existe et a fait ses preuves en Belgique mais aussi dans le monde. Ces expériences positives et les réponses apportées désormais par l'économie sociale aux crises vécues par les États et leurs gouvernements font réfléchir...

Sources : Le Baromètre des entreprises sociales en Belgique, réalisé par HEC-Ulg (juin 2014) et 10 clés pour comprendre l'économie sociale, Denis Vanderbrugge, L'Avenir, lundi 16 juin 2014, page 3, écrit suite à une analyse consacrée à l'économie sociale.