Enquête sur les entreprises sociales

Vendredi 28 Septembre 2012

SAW-B a organisé le 20 septembre dernier une rencontre, entre acteurs de l'ES, autour de la place de l'économie sociale dans notre société actuelle. RESSOURCES était présent et vous fait part des informations relatives à cet échange. En introduction, les  caractéristiques fortes de l'ES ont été présentées : lutte contre un problème, une dérive de la société, volonté d'agir dans un domaine public mal satisfait, réponse à des évolutions sociétales...

Qu'elles soient marchandes ou non, 80% des réponses apportées par l'ES sont concentrées dans 20% des secteurs de l'économie. Plus fort, 95% de l'activité en ES se cantonne dans 33% de l'ensemble de l'économie! Ce constat renforce l'idée reçue que l'ES n'arrive pas à être une véritable alternative au modèle dominant car elle reste cantonnée à des parties de l'activité économique (assurance, action sociale, santé, éducation, réemploi...).

L'ES est confrontée à d'autres phénomènes, trois tendances ont été évoquées. Primo, un phénomène de récupération survient lorsque le succès de l'ES dans certains domaines pousse d'autres acteurs à les copier tout en ayant beaucoup plus de moyens que l'EES qui a innové. Secundo, on distingue une banalisation au niveau de l'activité de certaines ES qui sont phagocytées par les 'marchés' sur lesquels elles opèrent au point que l'on ne les distingue plus. Tertio, il y a un risque d'instrumentalisation de l'ES lorsque que, par exemple, les politiques déchargent une de leurs responsabilités publiques sur des organismes privés agissant en ES.

Ces tendances sont bien réelles mais il existe des garde-fous pour éviter les dérives. L'innovation sociale, l'autonomie de gestion (à tout le moins l'indépendance décisionnelle), la sobriété entrepreneuriale, l'efficacité organisationnelle, la capacité de mobilisation sont autant de leviers qui peuvent éviter certaines risques.

Par ailleurs, force est de constater que l'ES est confrontée à des problèmes souvent méconnus. Pointons ici la difficulté d'adaptation, la légitimité de certains décideurs ou encore l'incapacité à se rassembler sous une seule bannière. Ces réalités dépeignent un monde de l'ES qui est loin d'être rose car les moyens restent limités pour des enjeux colossaux. A nous de nous améliorer pour augmenter notre impact positif sur le monde qui nous entoure.

La réflexion peut être poursuivie par la lecture du dossier réalisé par SAW-B (voir ci-dessous) ou l'ouvrage de Philippe Frémaux « La nouvelle alternative ? » en consultation chez RESSOURCES. Cet ouvrage questionne le bien fondé des vertus de l'ES et souligne ses paradoxes et ses contradictions au travers de nombreux exemples.