Ce qu'il faut retenir des études CRIOC sur le réemploi

Samedi 18 Février 2012

En septembre 2005, le CRIOC organisait une première grande enquête sur le réemploi en Wallonie. En juin 2011, le CRIOC publiait une nouvelle étude sur le sujet, visant à évaluer la perception (quelle connaissance, quelle notoriété?) et les intentions qu'a le public envers le réemploi, en Belgique Francophone (Wallonie + Bruxelles, à la différence de la première étude). L'étude devait entre autre identifier les freins et les leviers de la participation des consommateurs au développement du réemploi.

Les grandes lignes :

Le réemploi est généralement bien perçu, même si la notion même reste à vulgariser ;
- La connaissance du réemploi et les comportements relatifs au réemploi (don, achat) sont mieux ancrés dans les villes wallonnes qu'à Bruxelles ou dans les petites localités ;
- Il existe une différence, parfois importante, entre l'a priori positif à propos du réemploi, et le fait de participer concrètement (acheter, donner) à la chaîne du réemploi.
- Des initiatives visant à augmenter la qualité de la prestation et la visibilité des acteurs associatifs du réemploi voient le jours, essentiellement via le réseau RESSOURCES et ses labels ElectroRev et Rec'Up.
- Les personnes n'ayant jamais recourus au réemploi sont les plus critiques : l'a priori l'emporte sur l'expérience ! Aux acteurs du réemploi d'inciter les consommateurs à « faire une expérience positive ».

L'évolution en 6 ans (bien que les critères d'enquête ne soient pas toujours totalement comparables) montrent les tendances suivantes :
Fait extrêmement remarquable, on est passé d'une logique d'achat de seconde main « de contrainte » à une logique de plaisir ou d'opportunité. Le regard porté sur le réemploi évolue donc favorablement !
- Les dons augmentent, en termes de proportions ; mais relativement peu les achats.
- Il reste toujours un écart important entre les intentions d'achat de produits de seconde main et les achats effectivement réalisés.
- La réticence concernant l'hygiène et les thématiques liées à la qualité (fiabilité, sàv essentiellement) a augmenté en 6 ans et reste un frein majeur à l'achat de produit de seconde main. Il est à noter qu'il s'agit principalement d'a priori souvent infondé.
- L'appréciation globale à propos de la mise en valeur va lentement croissant (le public apprécie de manière croissante la manière dont les produits sont présentés).
- Les personnes interrogées connaissent mieux le réemploi, et en donnent une définition plus proche de la réalité.
- Les avantages éthiques et environnementaux sont mieux perçus maintenant qu'il y a 6 ans ; ils restent toutefois largement en-deçà de l'avantage économique que procure l'achat de seconde main par rapport à l'achat de neuf.

Globalement, on assiste donc à une amélioration de l'image du réemploi dans la conscience, le regard et les agissements du public ; toutefois, ses exigences en matière d'hygiène et de qualité vont croissant et dépassent les progrès objectivement réalisés par les vendeurs de seconde main, et l'a priori négatif sur ces aspects est plus fort qu'il y a 6 ans.


A nous de jouer !


Pour inciter le public à participer à la chaîne du réemploi, les membres de RESSOURCES doivent continuer à travailler :
- La mise en valeur, la présentation, le cadre  du lieu de vente : l'acheteur est mis en confiance lorsque la présentation est soignée (mise en valeur des objets dans un cadre agréable) et que l'acceuil est assuré par des personnes polies et compétentes.
- L'impression de « propre »
- L'aspect plaisir de l'achat de seconde main, cela en particulier à Bruxelles
- La communication sur les avantages aux trois niveaux pour l'achat en seconde main (économique, environnemental, social/éthique) et sur les deux niveaux (environnemental, social/éthique) pour favoriser le don.

 

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